Posted 2012/2/19

Bahreïn: Arrestation et interrogatoire du défenseur des droits humains Naji Fateel

Nabeel Rajab (à gauche) et Naji Fateel (à droite) .

Le 15 février 2012, le défenseur des droits humains Naji Fateel a été interrogé pendant une heure par le parquet, après avoir été arrêté la veille.

M. Naji Fateel est membre du conseil de la Bahrain Youth Society for Human Rights et a participé à la plateforme de Dublin organisée par Front Line Defenders en 2010.

Le 15 février 2012, Naji Fateel a été interrogé par le parquet bahreïni, pour réunion illégale et pour avoir participé à un rassemblement non autorisé. Son avocat était présent et Naji Fateel a exercé son droit de ne pas répondre à certaines questions. À la fin de son interrogatoire, il a été transféré de l'hôpital Al Qala'a au poste de police de Manama. Il est toujours détenu.

Le 14 février 2012, Naji Fateel a été arrêté par un groupe d'hommes masqués et habillés en civil, alors qu'il participait à une manifestation pacifique contre les violations des droits humains au Bahreïn. Il aurait été insulté et dénigré car il appartient au groupe ethnique Chiite, le plus important au Bahreïn. Le défenseur Nabeel Rajab, directeur du Bahrain Centre for Human Rights, a lui aussi été arrêté mais il a été libéré.

Naji Fateel est victime d'une persécution permanente. Il a été torturé en prison et menacé de mort à plusieurs reprises pendant plusieurs années, pour avoir appelé au respect des droits humains au Bahreïn. En 2007, il avait été torturé et maltraité alors qu'il était détenu au secret. Il a notamment été victime de chocs électriques, de passage à tabac par la technique du Falaqa (coups sur la plante des pieds avec une baguette), de coups de pieds et coups de poings et il a été enchaîné. Il a aussi été suspendu au plafond pendant qu'il recevait des chocs électriques sur différentes parties du corps, y compris sur ses parties génitales. Il souffre toujours de blessures dues à ces actes de tortures et il se déplace à l'aide d'une canne.

Depuis mars 2012, Naji Fateel et d'autres défenseurs des droits humains dont Abdulhadi Al Khawaja et Mohammed Al Maskati, sont aussi victimes d'actes d'intimidation et d'attaques diffamatoires. Des menaces de mort ont circulées via SMS et des messages postés sur des sites de réseaux sociaux appelaient à ce qu'ils soient tués. Lire l'appel de Front Line Defenders du 11 mars 2011.

Le rapport de la Bahrain Independent Commission of Inquiry –BICI (Commission d’enquête indépendante du Bahreïn), commission nommée par le gouvernement, confirmait l'usage systématique de la torture contre les défenseur-ses des droits humains et les autres citoyens au Bahreïn, et appelait à ce que les responsables soient traduits en justice. Le rapport concluait que la National Security Agency –NSA (agence pour la sécurité nationale) et le Ministère de l'Intérieur pratiquaient systématiquement les mauvais traitements physiques et psychologiques, qui dans de nombreux cas se transformaient en torture, sur un grand nombre de détenus.

Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information